Collectivités

Remettre les apprentis en cuisine

Haute-Vienne
La convention a été signée au lycée Jean Monnet de Limoges.
Le Conseil départemental a passé une convention avec le lycée professionnel Jean-Monnet et l'Umih 87 pour permettre à des apprentis de travailler en restauration scolaire.

Malgré le masque, on devine son sourire. « Le plat que je préfère préparer, ce sont les ris de veau » lance Serge Tchoumba. Pas sûr que dans les prochaines semaines, il cuisine ce genre de plat. En effet, le jeune apprenti en deuxième année à l'Ufa (Unité de formation par apprentissage) du lycée Jean-Monnet va travailler à nouveau en entreprise, dans le restaurant scolaire du collège Pierre-de-Ronsard à Limoges. Ce qui va le changer du restaurant Le Cheverny où il officie normalement dans le cadre de son contrat d'apprentissage sous la houlette de son chef Didier Palard. Et si Serge Tchoumba peut retourner en cuisine, c'est grâce à la convention passée entre le Département, le lycée Jean-Monnet, et l'Umih 87 (syndicat professionnel de l'hôtellerie et de la restauration).

Face à la Covid-19 et ses conséquences, le constat est amer pour Philippe Chadelas, proviseur du lycée Jean-Monnet : « Beaucoup de nos jeunes sont désœuvrés, certains n'ont eu que trois semaines de stage en un an. » Quant aux apprentis de l'Ufa, depuis le deuxième confinement, ils ne vont plus en entreprise, ce que confirme Serge Tumba : « Depuis octobre, hormis les cours au lycée une semaine sur deux ou trois, je reste à la maison et j'essaie de m'entraîner tout seul. » Pas l'idéal alors que les examens, prévus fin mai, approchent.

Formation amputée

« Pour un apprenti, être coupé de son entreprise, de son secteur professionnel, c'est voir sa formation amputée », s'alarme Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de Haute-Vienne. Sollicité par Alain Guillou, président de l'Umih 87, le Département a répondu présent. « Dès la rentrée du 3 mai, six apprentis intégreront pour une semaine les restaurants scolaires de six collèges afin de se replonger en milieu professionnel », précise Jean-Claude Leblois. L'idée est que les établissements soient à proximité des logements de ces apprentis.

Alain Guillou, le jour de la signature de la convention dans la salle de restaurant d'application du lycée, le 9 avril, n'a pas caché son émotion. « Voir une salle de restaurant vide, avec les chaises sur la table est un symbole de ce que nous vivons. » Effrayé par les perspectives qui font état de 15 à 20 % de disparition d'établissements de la restauration ou de l'hôtellerie en Haute-Vienne, le président de l'Umih a rappelé son attachement à l'apprentissage, « une belle école de la vie ». « Depuis octobre, nos apprentis ne sont plus dans nos entreprises et le risque existe qu'ils se désintéressent de nos métiers », s'inquiète Alain Guillou.

Le président de l'Umih peut être rassuré par Serge Tchoumba qui confirme : « J'aimerais continuer à étudier pour aller le plus loin possible dans la restauration. »

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