Agriculture

le problème réglé en un an en dépistant

Haute-Vienne
Eleveur. Jean-Michel Moreau
La réglementation sur le suivi de la BVD évolue. Jean-Michel Moreau, éleveur à Champnétery, raconte comment cette maladie l'a impacté et comment il l'a gérée.

Jean-Michel Moreau est en Gaec avec Jean-Luc Joffre à Grands-Champs, sur la commune de Champnétery. Ils gèrent un troupeau de 110 vaches mères en système naisseur-engraisseur sur 110 ha de SAU. Les mâles sont valorisés en jeunes bovins de 16 à 18 mois et les femelles en génisses lourdes ou de Lyon, selon le marché. Les vaches de réforme (taux de renouvellement de 25 %) sont engraissées pour la boucherie.

Une maladie présente à bas bruit

Il y a environ 4 ans, l'élevage a été confronté à la BVD. "Je suis incapable de dire quand la maladie s'est installée dans notre élevage, note Jean-Michel Moreau. C'est une maladie vicieuse présente souvent à bas bruit", ajoute-t-il. "Nous avons eu des soucis de diarrhées néonatales qui ont été gérées plus ou moins bien jusqu'à ne plus savoir soigner les veaux. Du coup, dès qu'un veau devenait douteux, nous faisions faire des analyses. On a trouvé de la cryptosporidiose, on a soigné mais les résultats ont été parfois décevants. Soit le veau mourrait ou bien il ne présentait plus une croissance satisfaisante", poursuit-il.

Dépistage des veaux et vaccination des mères

La BVD n'avait jamais été identifiée jusqu'à ce que trois vaches avortent successivement. C'était il y a environ 4 ans. "On a fait des analyses, mais rien. C'est en discutant avec Arnaud Gaulupeau de Bovins croissance qu'on a recommencé les analyses et là la BVD a été diagnostiquée." La CDAAS a été contactée et l'élevage est entré dans le plan BVD. Une cinquantaine de boucles dédiées au prélèvement de cartilage sur les veaux ont été commandées : "15 veaux Ipi (Infecté permanent immunotolérant) ont été trouvés. Dès que la confirmation de la présence du virus a été faite, toutes les vaches ont été vaccinées. Les trois qui avaient avortées ont été réformées. L'année suivante, les veaux nés des mères vaccinées ont été à nouveau testés via des prélèvements de cartilage. Il n'y a pas eu de veau Ipi", remarque Jean-Michel Moreau.

Le coût de la vaccination vite absorbé

La vaccination a stoppé la présence de la maladie. Elle est maintenant reconduite systématiquement sur toutes les vaches à l'automne : "C'est faisable et c'est justifié". Son coût est en outre facilement absorbé puisque les pertes que ce virus engendre sont très vite importantes. "Les veaux Ipi que nous avions identifiés ont été engraissés (c'était encore possible). On s'est dit : "On va voir". Mais 3 jeunes bovins de plus d'un an sont morts. On les a surveillés comme le lait sur le feu mais dès qu'ils ont changé de comportement, ils ont décliné très très vite", souligne-t-il. "Les autres ont été vendus mais à des poids de carcasse très inférieurs à d'habitude, d'autres étaient des nains de 250 kg de carcasse à 19 mois...". Au final, les pertes sont difficiles à chiffrer mais pourraient atteindre les 30 %. D'où l'importance de dépister et de vacciner.

Dans la même thématique

Parmi les adhérents de Cendrecor impliqué dans le dossier "abeilles" conduit dans le cadre du GIEE, Franck Dubois explique ce qui l'a guidé à adhérer à la démarche.
Haute-Vienne
La question des abeilles mobilise
Mireille et Pascal germond, installés à oradour-sur-glane, misent sur l'autonomie alimentaire. leurs choix induisent aujourd'hui une baisse des charges d'alimentation.
Haute-Vienne
Miser sur le méteil et l'herbe