Agriculture

"Nous avons tenu bon"

Nouvelle Aquitaine
(à droite) Jean-Pierre BARREAUD, directeur du laboratoire départemental d’analyses de la Creuse, et le chef vétérinaire
Avec la campagne de prophylaxies obligatoires venue de Haute-Vienne, le laboratoire départemental d'analyses de la Creuse avait fort à faire quand la crise sanitaire a éclaté.

Suite à un appel d'offres lancé par la Coopérative départementale agricole d'action sanitaire (CDAAS) pour la campagne de prophylaxies obligatoires 2019-2020, les échantillons prélevés dans les élevages haut-viennois ont été analysés par le laboratoire départemental voisin de la Creuse. Après quelques ajustements d'ordre administratif, la CDAAS s'est dite satisfaite. La coopérative examine actuellement les offres des laboratoires pour la prochaine campagne. Du côté de la Creuse, le laboratoire est à nouveau sur les rangs et estime que cette première collaboration s'est déroulée dans de bonnes conditions... malgré l'épisode Covid-19.

"À partir du 17 mars, raconte Jean-Pierre Barreaud, directeur du laboratoire départemental d'analyses de la Creuse, nous avons constitué deux équipes qui faisaient des rotations hebdomadaires et travaillaient donc une semaine sur deux. À ce moment-là, nos moyens RH étaient divisés par deux, au mieux." Habituellement, pour assurer la campagne de prophylaxies de la Creuse, le laboratoire embauche deux contractuels. "Là, comme on savait qu'on avait le marché de la Haute-Vienne, on avait prévu un renfort de quatre nouveaux contractuels en plus des deux habituels, détaille Jean-Pierre Barreaud. Mais quand la crise sanitaire est arrivée, nous étions loin d'avoir fini la campagne. Notre charge de travail était de l'ordre de 90 % avec des effectifs à 50 %. Les délais d'analyses se sont étendus, mais nous avons tenu bon."

Plus de 160 000

Éric Guillemot, le vétérinaire et référent technique du laboratoire de la Creuse, pensait qu'il leur faudrait quatre semaines pour résorber les retards (les échantillons collectés avaient été stockés, les analyses les plus urgentes étaient réalisées en priorité). "En 2 semaines nous étions revenus à une situation à peu près normale", s'est-il félicité. "Pour les prophylaxies obligatoires, en Creuse, on oscille entre 200 000 et 220 000 prises de sang chaque année. La CDAAS nous avait indiqué que nous allions recevoir sur 12 mois environ 160 000 prises de sang. Nous avons dépassé les 160 000 de 150 prises de sang mi-juin."

Jean-Pierre Barreaud ne regrette pas aujourd'hui d'avoir répondu à l'appel d'offres de la CDAAS. Avant d'y répondre, il avait d'ailleurs demandé l'avis de ses équipes qui en avaient étudié la faisabilité. Il se défend d'avoir tiré les prix vers le bas. "D'ailleurs je ne trahis pas de secrets quand je dis qu'en termes financiers je pense que nous n'étions même pas la meilleure offre. Mais il n'y avait pas que l'aspect financier, il y avait aussi l'image qu'on donnait de notre laboratoire : d'un travail sérieux effectué depuis des années avec le GDS de la Creuse."

Depuis plusieurs années, le laboratoire de la Creuse veille à ce qu'un client qui les contacte soit informé dans les meilleurs délais de la situation de son dossier. Éric Guillemot l'assure : "Les éleveurs attendent un résultat d'analyses mais aussi du service."

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