Agriculture

Miser sur le méteil et l'herbe

Haute-Vienne
M. et P. Germond
Mireille et Pascal germond, installés à oradour-sur-glane, misent sur l'autonomie alimentaire. leurs choix induisent aujourd'hui une baisse des charges d'alimentation.

« La question de l'autonomie alimentaire nous intéresse depuis longtemps », indiquent Mireille et Pascal Germond, installés en Gaec au Mas-du-Puy, sur la commune d'Oradour-sur-Glane.

Le facteur déclenchant a été la création du Gaec entre Pascal et Mireille, installés jusque-là en EARL. « Notre surface disponible est passée de 100 à 150 ha. Elle est aujourd'hui de 170 ha pour un troupeau de 95 vaches conduites en système naisseur engraisseur. Nous avons également opté pour la Maec Engraissement en zone herbagère. Et là nous nous sommes intéressés au développement de cultures riches en protéines », ajoutent-ils.

Aujourd'hui, en plus de 13 ha de maïs ensilage, ils misent sur le méteil implanté sur 16 ha de SAU. « On opte pour un mélange d'avoine (20 kg), de seigle (25 kg), de triticale (80 kg), de pois (25 kg) et de vesce (12,5 kg). L'avoine en tallant vite empêche les adventices de se développer, ce qui nous évite de traiter », ajoute Pascal Germond. Le pilotage de l'azote est fait en fonction de l'objectif de rendement qui est de 40 quintaux par hectare avec un taux de protéines de 14 %. Le méteil est récolté en grain sec, broyé et mis en boudin.

Maïs ensilage

La deuxième source de protéines valorisée sur cette exploitation est l'herbe. « La première coupe est enrubannée. Une entreprise bottelle le fourrage en bottes carrées de 800 kg qui sont empilées puis recouvertes d'une bâche plastique », indique Pascal Germond. Ce choix veut limiter l'utilisation de plastique et faciliter la reprise et la distribution. Une quarantaine d'hectares sont en prairies temporaires fauchées deux fois puis pâturées s'il y a une troisième repousse. 100 ha supplémentaires sont essentiellement conduits en pâturage.

Les produits de l'exploitation sont engraissés. « 45 JB sont vendus à moins d'un an. Ils sont engraissés avec du maïs ensilage, des céréales et un correcteur azoté. 20 génisses sont commercialisées entre 18 et 30 mois après avoir consommé du méteil et de l'enrubannage. 30 vaches de réforme sont conduites de la même façon et vendues pour la boucherie », ajoute-t-il. Ce choix de conduite donne de bons poids de carcasse (sur 30 vaches de boucherie, il est de 470 kg en 2019) et, grâce au méteil, la viande gagne en persillé.

Le développement de l'autonomie alimentaire, possible car la SAU totale le permet, a aussi induit une baisse des achats de concentrés (de 24 000 € en 2014-2015 à 7 500 € aujourd'hui). La paille, qui vient pour moitié de l'extérieur, et les concentrés nécessaires à la finition des jeunes bovins restent les deux postes incompressibles.

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