Culture

Que perdure l'art de la tuilerie

Haute-Vienne
Laurent Debord, gérant de la tuilerie Aupeix à Saint-Hilaire-les-Places.
Laurent Debord, gérant de la tuilerie Aupeix à Saint-Hilaire-les-Places, sera au Carrousel du Louvre fin octobre pour continuer à faire connaître sa passion, son artisanat.

La tuilerie Aupeix, basée à Saint-Hilaire-les-Places, est l'une des dernières tuileries artisanales de France. Depuis 1740, la famille Aupeix transmet son savoir-faire de génération en génération : la confection de tuiles plates. Une tradition qui constitue la richesse du patrimoine local.

Laurent Debord, l'actuel gérant de la tuilerie met un point d'honneur à valoriser et faire perdurer ce savoir-faire. Ainsi la tuilerie Aupeix participera à la 26e édition du Salon international du patrimoine culturel, du 28 au 31 octobre prochain, au Carrousel du Louvre à Paris.

Perpétuer la tradition

Originaire de Magnac-Laval, Laurent Debord est issu d'une famille de Saint-Hilaire-les-Places dont l'arrière-grand-père était tuilier. Il alors souhaité tout naturellement perpétuer l'art de la tuilerie. Après 20 ans en tant que responsable commercial technique à l'export, cet ingénieur de formation a repris l'affaire de Michel Aupeix en 2017. Ce dernier était alors à l'aube de sa retraite. Pendant deux ans, Michel Aupeix a alors formé son repreneur : "Il n'y a pas d'école de tuilier, souligne Laurent Debord. Michel m'a donc tout appris et il m'aide encore aujourd'hui. C'est dommage qu'il soit à la retraite car on aurait formé un très bon binôme." Tuilier est un métier technique mais aussi "intuitif, raconte avec passion l'artisan. On travaille avec de vieilles bécanes et il faut arriver à les écouter".

Laurent Debord a donc appris à mélanger les argiles, argiles maigres et grasses, avec de l'eau pour les rendre malléables. La tuilerie Aupeix exploite le filon argileux sur lequel elle repose. Après plusieurs étapes de production, broyeur, laminoir, etc. la pâte est prête à être coupée. "Ce qui diffère d'avec un industriel c'est qu'ici la tuile est coupée avec un fil donc s'il y a un grain cela donne un effet dentelé sur le bas." Une "imperfection" pourrait-on penser mais qui fait toute la valeur et l'unicité de l'artisanat. Les tuiles partent ensuite dans le séchoir pour 36 heures dans lequel Laurent Debord "recycle l'air du four". Enfin c'est l'étape de la cuisson. La tuilerie Aupeix produit entre 12 000 et 20 000 tuiles par semaine.

Nos campagnes méritent plus

Souvent par méconnaissance, "les gens ne s'approprient plus ce qu'il se fait à côté de chez eux, regrette l'artisan. Je pense que nos campagnes limousines méritent plus qu'on ne leur donne". D'autant plus depuis la crise, Laurent Debord est convaincu de la valeur des entreprises locales et de proximité. "On n'est pas plus cher que les industriels et le rendu est différent", renchérit-il. En tant qu'artisan, la qualité de son produit doit être irréprochable : "On peut marcher sur les toits avec mes tuiles", précise-t-il à titre d'exemple. "Bien sûr je n'ai que deux bras et je ne peux pas fournir la France entière mais celui qui veut conserver un aspect traditionnel et qui veut des tuiles plates peut venir chez nous", résume le gérant. L'ancien commercial, qui adore toujours autant le contact humain, invite d'ailleurs tout intéressé à venir le rencontrer à son atelier et ainsi découvrir le fonctionnement d'une tuilerie artisanale.

C'est pour continuer à valoriser les savoir-faire locaux que Laurent Debord sera présent au Salon international du patrimoine culturel à Paris fin octobre. 12 entreprises néo-aquitaines des métiers d'art représenteront la thématique "Patrimoine et Territoires" sur le pavillon "Nouvelle-Aquitaine". Cet événement rassemble plus de 300 acteurs du patrimoine, artisans professionnels des métiers d'art français et étrangers. Ce salon existe depuis 1994 et est organisé depuis 2009 par Ateliers d'Art de France. Une très belle vitrine donc "pour se faire connaître au-delà de notre département et gagner en notoriété", conclut Laurent Debord.

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