Agriculture

Quand le lisier booste les prairies

Haute-Vienne
Dominique Brégaint (à g.) avce Alexis Voisin, chargé à la Cuma de l'Or noir de l'activité tonne à lisier.
Au Gaec Brégaint Junior, le lisier des 60 vaches laitières est valorisé sur les prairies destinées à la fauche ainsi qu'avant leur implantation. La Cuma de l'Or noir assure la prestation.

Le Gaec Brégaint Junior, sis à La Mazière à Royères, compte quatre associés : Dominique, ses deux fils Frédéric et Mathieu et son frère, Philippe. L'exploitation de 320 ha s'étale sur deux sites, l'un à Royères et l'autre à Henriat, sur la commune d'Ambazac. Deux troupeaux sont gérés par les associés, l'un compte 60 vaches laitières de race prim'holstein (600 000 litres) et l'autre 160 vaches limousines conduites en système naisseur engraisseur. Une production de plants de pommes de terre complète le tout.

L'alimentation des deux troupeaux s'appuie sur la culture de 52 ha de maïs ensilage et de 14 ha d'orge. 20 ha de blé sont destinés à l'autoconsommation et à la vente. Un colza est installé en tête de rotation sur 7 à 8 ha, généralement devant des pommes de terre cultivées sur 14 ha. Environ 100 ha sont en prairies naturelles, le reste est en prairies temporaires, dont certaines implantées en mélange de ray-grass italien et de trèfles en rotation courtes.

La conduite de la fertilisation des cultures et des prairies s'appuie sur la valorisation des fumiers et du lisier. " Le fumier est utilisé en premier sur les 52 ha destinés au maïs. Une partie est compostée avant d'être épandue sur prairie. Le lisier est quant à lui uniquement utilisé sur prairies et une fois par an derrière l'orge, fin juillet, en prévision de l'installation d'une prairie neuve à l'automne ", indique Dominique Brégaint. " Sur cette prairie nouvelle, quand l'année est bonne, il nous arrive de faire une coupe avant le premier hiver. C'est l'effet lisier ", observe-t-il.

Grâce aux 60 vaches laitières, le Gaec Brégaint Junior dispose en moyenne de 1 200 m3 de lisier par an. Les teneurs en N, P et K du lisier sont analysées*. " Ces données permettent de déterminer la quantité à apporter par hectare en fonction de la période d'épandage ", poursuit Dominique Brégaint. En général, un apport est réalisé en février sur les prairies destinées à être ensilées en mai. Un deuxième a lieu après l'ensilage pour assurer la récolte de foin en juin. Ensuite vient l'apport derrière l'orge pour préparer l'implantation d'une prairie et enfin, parfois, un quatrième peut être fait en fin d'année, sur les prairies d'hiver mais à mi-dose. Les apports sont en général de 50 m3/ha quand les besoins de la végétation sont importants et de 25 m3 sur une prairie à l'entretien. Les disponibilités en lisier sont par ailleurs déterminantes et s'il n'y a pas assez de marchandise, la quantité par hectare est diminuée pour que l'ensemble de la prairie en reçoive.

Depuis plusieurs années, Dominique Brégaint fait appel à la Cuma de l'Or noir pour cette prestation. Équipée de deux tonnes à lisier haute capacité à pendillards, cette Cuma est en mesure d'épandre la marchandise au plus près des racines, en optimisant son assimilation et en réduisant les nuisances olfactives. Le coût de la prestation n'est pas un frein puisqu'il s'accompagne d'une forte diminution des achats d'engrais chimiques.

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