Agriculture

Les spécificités locales confirmées

Haute-Vienne
3e réunion de la cellule loup à la préfecture de la Haute-Vienne.
Pour la troisième réunion de la cellule de veille sur le loup, l'Institut de l'élevage a présenté les résultats de son étude sur la vulnérabilité des systèmes d'élevage en Limousin.

Installée en Haute-Vienne en 2018, la cellule de veille sur le loup, pilotée par la préfecture, a tenu sa troisième réunion le 1er septembre. Présidée par le préfet, elle a réuni une trentaine d'acteurs concernés par le dossier comme les collectivités, les représentants agricoles, les chasseurs et des associations agréées pour la protection de la nature. Avant la présentation des conclusions d'une étude réalisée à la demande du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et des préfets des départements du Limousin portant sur la vulnérabilité au loup des exploitations agricoles locales, Yann De Beaulieu, adjoint au directeur régional de l'Office français pour la biodiversité (OFB*) en charge des grands prédateurs, a fait le bilan des observations menées sur le terrain. "À ce jour, aucun indice n'a été retenu comme susceptible de révéler une présence du loup en Haute-Vienne", a-t-il conclu son intervention. Pour les cadavres d'animaux signalés par les éleveurs, il a rappelé que des traces de consommation n'étaient pas synonymes de prédation, "la majorité des cas relèvent du charognage", notamment par les renards, les blaireaux et les sangliers.

Christine Moulin, de l'Institut de l'élevage, a alors présenté les résultats de l'étude sur la vulnérabilité des systèmes d'élevage du Limousin. Les conclusions en sont assez simples : il n'y a pas de différences majeures entre les trois départements, ils sont tous les trois "favorables aux loups". D'abord parce qu'ils sont riches en ressources alimentaires pour ce prédateur et que leur topographie regorge de cachettes, le loup aimant évoluer discrètement.

Des animaux dociles

S'attachant plus précisément aux données agricoles, Christine Moulin a constaté que les "modes de conduite des exploitations du Limousin" induisent la présence toute l'année sur les pâturages "d'animaux qui sont potentiellement des proies" d'autant plus qu'ils sont sélectionnés depuis des années "pour qu'ils soient dociles". Autre facteur de vulnérabilité : le morcellement des exploitations qui multiplie le nombre de petites parcelles, "ce qui diffère de ce qu'on voit dans les Alpes", et rend la présence humaine au milieu des troupeaux plus faible. De la même façon, les bâtiments d'exploitation ont été conçus à une époque "où il n'y avait pas de réflexion sur la prédation". Enfin, la situation économique des exploitations et la charge de travail semblent peu compatibles avec l'ajout de nouvelles tâches à effectuer pour prévenir les attaques de loup.

Pour Claude Souchaud de la FDSEA, présent à la réunion, l'étude a bien montré "les spécificités de l'élevage limousin et les difficultés qui allaient se poser ici plus qu'ailleurs. L'Institut a fait le travail qu'on attendait, espérons maintenant que le loup viendra le plus tard possible".

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