le "couteau suisse" des exploitations

Jean-Michel Oster trav
Jean-Michel Oster travaille au Service de remplacement de Haute-Vienne depuis quinze ans. Et il aime son métier pour la diversité qu'il lui offre.

« Être à la hauteur ; De ce qu'on vous demande ; Ce que les autres attendent... » Les yeux masqués par sa casquette, l'homme chantonne avec un grand sourire la chanson d'Emmanuel Moire, Être à la hauteur. « Pour moi, cette chanson que j'adore résume tout à fait mon travail », se plaît à répéter Jean-Michel Oster. Et être à la hauteur de ce que lui demandent les autres, c'est effectivement son travail puisqu'il est salarié du Service de remplacement de Haute-Vienne. « Depuis quinze ans», lance-t-il en rigolant.

Jean-Michel Oster a toujours rêvé de travailler dans l'agriculture. Mais les circonstances de la vie l'en ont d'abord empêché puisqu'il a fallu très tôt qu'il assume un revenu pour sa famille. Puis, à l'âge de 27 ans, il a enfin pu passer un BPREA qu'il enrichit d'un CS Ovin en 2005 pour se tourner vers ce qui l'attirait en particulier, l'élevage. « Le mouton, vraiment, ça me plaisait », se souvient-il. Il travaille ici et là avant de découvrir par hasard l'existence du Service de remplacement. « Je buvais le café avec un agriculteur qui avait fait appel à eux pour avoir quelqu'un sur sa ferme pendant deux jours », relate Jean-Michel Oster. Pourquoi ne pas essayer, se dit-il.

Veiller au bien-être animal

Cet essai est transformé et fait aujourd'hui de Jean-Michel Oster le plus ancien salarié du Service de remplacement. « Ce travail me plaît, confie-t-il. Je ne me suis jamais arrêté. » Il se penche, comme pour murmurer à l'oreille des animaux : « Vous savez, on ne sait pas toujours ce qu'on va faire mais nous sommes toujours attendus. » C'est que le Service de remplacement peut répondre à de nombreuses situations, depuis les congés maternité ou paternité aux situations d'urgence extrême comme un burn-out ou, pire, un suicide. Dans nos exploitations haut-viennoises, les animaux sont là, et il faut toujours quelqu'un pour s'en occuper.

Le bien-être animal, c'est un leitmotiv pour Jean-Michel Oster. « Quelles que soient les raisons de notre intervention, nous faisons toujours en sorte que les bêtes ne se retrouvent sans personne pour s'en occuper. » Il le reconnaît, pour lui comme pour ses collègues du Service de remplacement, arriver dans un élevage quand on ne connaît pas les animaux n'est pas une tâche facile. « Surtout des bêtes qui ne voient personne d'autre que l'éleveur, au départ, il faut savoir se faire adopter », précise Jean-Michel Oster. Le salarié expérimenté poursuit : « Deux qualités sont nécessaires pour bien faire notre métier, d'abord l'observation puis l'adaptation. »

Ses diplômes en agriculture auraient pu permettre à Jean-Michel Oster de s'installer comme chef d'exploitation ; il admet volontiers qu'il n'en a pas envie. « J'aime la diversité que m'offre cette manière de travailler. Chaque matin, je sais que je vais faire quelque chose de différent. Chaque exploitation, chaque agriculteur sont différents et les missions à remplir aussi », se réjouit-il. Et Jean-Michel Oster de conclure, toujours avec un large sourire : « Nous sommes le couteau suisse des exploitations. »

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