La chercheuse limougeaude innove

Camille Granet
Camille Granet, biologiste, a décidé de réaliser sa thèse en recherche contre le cancer du poumon à Limoges. Son travail aurait permis de trouver un traitement inédit.

Poitiers puis l'Angleterre, finalement c'est bien à Limoges que Camille Granet, étudiante en biologie, a décidé de réaliser sa thèse. Au sein du laboratoire CAPTuR, à la faculté de médecine de Limoges, les recherches de la jeune femme auraient permis de trouver, excusez du peu, un traitement contre le cancer du poumon qui entraîne 1,8 million de morts par an dans le monde. Les résultats d'une étude in vivo sont attendus à la fin du trimestre, une étape cruciale pour la poursuite du projet.

Une base de recherches

L'équipe du laboratoire limougeaud travaille depuis une dizaine d'années sur une protéine, appelée sortiline. "On a remarqué que plus le grade du cancer était agressif, plus l'expression de la sortiline était diminuée", explique la biologiste. Plusieurs hypothèses existaient, l'équipe a ainsi travaillé sur des "caractérisations". "Finalement on n'a jamais vraiment compris pourquoi", confie-t-elle avec ironie. Mais, le phénomène de sérendipité a opéré. "Nous avons découvert qu'un morceau de la sortiline avait une action antitumorale. On a alors développé un peptide, à partir de celui-ci, que l'on a appliqué sur des cellules cancéreuses. Il s'est avéré qu'il les tuait sans altérer les cellules saines." Bien entendu, l'équipe n'a pas voulu laisser cette découverte dans le tiroir et a donc déposé un brevet.

Au même moment, Camille Granet terminait sa thèse. Elle a alors choisi de garder son projet de recherche et de continuer à "optimiser le plus possible le peptide pour créer un médicament". Pour ce faire, la scientifique et son projet YomiPep sont incubés à l'Agence pour la valorisation de la recherche universitaire du Limousin (Avrul). Cette période d'incubation, de deux ans au total, va lui permettre de "structurer le projet, constituer une équipe avec différents profils pour ensuite créer une start-up", explique la jeune femme. Une application concrète qui l'anime. "Cela permet de découvrir autre chose, de sortir du carcan de la science fondamentale, ça me fait me lever", résume-t-elle. En tout cas, Camille Granet n'est pas pressée de monter son entreprise, "je veux que le projet soit robuste, que les preuves précliniques soient suffisamment abouties pour intéresser les investisseurs", temporise-t-elle. Les résultats de l'étude in vivo seront un premier levier de projection.

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