Pas à pas vers EGAlim 2

La réunion de secteur Nord du GLBV s'est tenue vendredi 10 décembre au lycée agricole de Magnac-Laval.
Vendredi 10 décembre avait lieu la réunion du secteur Nord de la coopérative GLBV-LEC. L'un des sujets forts portait sur l'application de la loi EGAlim 2.

Après s'être salué, échangé sur le bien-fondé de la troisième dose vaccinale contre la Covid, poussé les tables tous ensemble car « c'est ça l'esprit de la coopérative ! », la réunion du secteur Nord du GLBV a démarré vendredi 10 décembre à 14 h au lycée agricole de Magnac-Laval. L'ordre du jour consistait en la présentation de la nouvelle organisation commerciale du secteur, le bilan de l'activité de la coopérative, les modalités d'application de la loi EGAlim et la présentation du nouvel extranet dédié aux adhérents. Une vingtaine d'adhérents étaient présents pour échanger avec leurs confrères et la coopérative.

La réunion était également l'occasion de présenter les trois nouvelles recrues, Marina Blanchet, qui interviendra principalement sur le secteur Nord, Elora Honiat, arrivée il y a 18 mois en charge du PSE, et Lucie Mazaudon. L'équipe se féminise. Ces recrutements vont apporter un nouveau souffle à l'accompagnement des adhérents car « une coopérative ce n'est pas seulement un camion qui vient chercher un animal, c'est aussi un technico-commercial fort », remarque Stéphane Passerieux, responsable Services techniques au GLBV.

L'un des gros enjeux de la filière viande de 2022 est bien sûr la loi EGAlim 2. Ce point a ainsi animé une bonne partie des échanges, vendredi 10 décembre. La loi entrera en vigueur en janvier 2022. « L'objectif est de voir ensemble comment on peut mettre les choses en musique et vous allez voir que ce n'est pas si simple que ça », prévient Stéphane Passerieux.

Ce qui change avec EGAlim 2

« EGAlim 1 concernait les animaux commercialisés sous label rouge. EGAlim 2 va s'étendre progressivement à toutes les catégories de bovins, label ou pas », explique Stéphane Passerieux.

La modification porte sur les procédures de contractualisation sachant que, pour l'adhérent, c'est la coopérative qui est l'acheteur, donc qui contractualise avec ses clients. La possibilité, qui se transforme en obligation pour les coopératives, est l'inscription dans le contrat d'un tunnel de prix avec un prix minimum et maximum. Les indicateurs, référant aux coûts de production, devront également être rendus publics. Ces indicateurs correspondent finalement à « un prix de vente basé sur un prix de marché, un coût de production et un indicateur de qualité », précise le professionnel.

Ces changements nécessiteront une révision du règlement intérieur du GLBV-LEC pour correspondre aux exigences de la loi.

Malgré ce dispositif "complexe", Stéphane Passerieux tente de résumer la nouvelle procédure : « On va voir un abatteur, on négocie en tant que coopérative le pourcentage qu'il va y avoir entre le coût de production, le prix du marché et l'indicateur qualité. » Pour que les indicateurs de coûts de production soient publiés, il faut qu'ils soient votés à l'unanimité au niveau national, précise Jean-Pierre Bonnet, président de la coopérative. « Pour l'instant, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et la Fédération du commerce associé (FCA) ne valident pas. » Une information qui a provoqué un râlement de l'assemblée.

L'autre nouveauté avec EGAlim 2 est que la coopérative devra s'engager sur des volumes. Le contrat devra également comporter des périodes de livraison, « et il faudra être précis là-dessus », signale Stéphane Passerieux. D'autant plus que « toutes structures confondues, on est mauvais là-dessus », avoue-t-il. Donc « si on veut être bon dans la contractualisation, il va falloir être bon dans la planification des animaux à commercialiser ». Le site extranet de la coopérative a ainsi été rénové et un module permettra, outre de faciliter les échanges entre la structure et les adhérents, de réaliser la programmation des bovins à commercialiser les mois suivants.

À un mois de l'entrée en vigueur de la loi, « tout le monde se regarde et attend que le principal opérateur, Bigard, sorte des contrats dignes de ce nom ». En effet, pour l'instant, au niveau national il n'y a qu'une vingtaine de contrats qui ont été remontés et « cela représente trop peu de volumes ».

Dans cette complexité d'application, chacun avance pas à pas. Même la juriste d'Interbev n'y voit pas très clair, rassure ironiquement Jean-Pierre Bonnet. « Il y a plein de contradictions », renchérit Thierry Laage, responsable commercial de l'Union de coopératives Sofrelim.

Pour l'heure il faut continuer « à traduire ces textes et à comprendre comment les faire appliquer, avec comme objectif la hausse des prix à la production », ajoute Jean-Pierre Bonnet, rappelant par ailleurs la réunion du 17 décembre prévue à 9 h 30 par la FDSEA au lycée des Vaseix.

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