Passion du fil, quand tu nous tiens !

Isabelle Tardieu est couturière et s'intéresse aussi au travail de la laine
Isabelle Tardieu est couturière et s'intéresse aussi au travail de la laine
Le métier à tisser est installé devant la fenêtre, avec une vue sur la campagne. La bande posée sur le métier est terminée. C'est dedans que seront découpées les pièces pour réaliser les pochettes.
Le métier à tisser est installé devant la fenêtre, avec une vue sur la campagne. La bande posée sur le métier est terminée. C'est dedans que seront découpées les pièces pour réaliser les pochettes.
On aperçoit deux machines à coudre (il y en davantage et toutes ont leurs spécificités) et devant isabelle, une des pochettes qu'elle aime réaliser.
Isabelle Tardieu est couturière, mais aussi fileuse et tisseuse à Saint-Gence. Passionnée par le travail du fil, jamais à court d'idées, elle gère son entreprise : Les créations d'Ysabel.

Quand on pénètre dans l'atelier d'Isabelle Tardieu, rue des Charriers à Saint-Gence, on découvre l'univers d'une couturière. Des boîtes remplies de tissus, des bobines de fils de toutes les couleurs et plusieurs machines à coudre y sont installées. Dans une pièce attenante, un métier à tisser trône et des écheveaux de laine récemment teinte sont suspendus. Tous les ingrédients sont réunis pour que Les créations d'Ysabel - le nom donné à son entreprise - répondent aux attentes de ses clients.

Une passion-métier

Isabelle Tardieu est une "touche à tout", une véritable passionnée de la couture et des arts du fil. "Quand j'étais enfant, avec mes parents, on faisait beaucoup d'activités créatives. On tricotait, on crochetait", se souvient-elle. Ce goût pour ces travaux manuels ne l'a jamais quittée. Il s'est même affirmé jusqu'à ce qu'elle décide d'en faire son métier.

Le tout "se tricote"

Après avoir passé un bac Arts appliqués puis un BTS de Design mention Objet à La Souterraine, après s'être offert une année sabbatique, Isabelle Tardieu a intégré une formation de couturière en alternance à Paris. Trois ans plus tard, son diplôme en poche, elle est revenue "au pays". "On est fin 2004. J'ai 25 ans. Je décide alors de créer ma microentreprise dans la foulée, en 2005", révèle-t-elle. "Au début, je réalisais des accessoires, des pochettes, des sacs. Et puis des boutiques m'ont confié des retouches. À cette époque, je travaillais à la maison", raconte-t-elle.

Les choses se sont tricotées et pendant une saison, elle a été costumière pour l'opéra-théâtre de Limoges, puis pour le Club Med, sur un site au sein des Alpes italiennes, à la frontière avec la France et la Suisse.

"Je travaille pour des boutiques, également pour des particuliers. Je fais du sur-mesure si besoin. La couture c'est un métier passion qui me plaît."

Elle a ensuite repris ses activités, toujours depuis son domicile, avant de s'installer dans une boutique de retouches, rue Montmailler à Limoges. "Je faisais toujours des retouches pour les boutiques mais aussi des vêtements pour des galas de danse et des bricoles destinées aux enfants, commercialisées par un magasin spécialisé", raconte-t-elle. Au bout de trois ans à Limoges, elle est revenue rue des Charriers. "Depuis 9 ans, je suis là, où nous avons aménagé cet atelier."

Si elle a tenu quelques temps un magasin de couture à Couzeix, afin de conforter sa clientèle, elle est de retour pour de bon aux Charriers et ses produits évoluent.

Toujours une idée d'avance

Il faut dire qu'avec Isabelle, les innovations ont tendance à se succéder. "Depuis 2005, en plus des accessoires, j'ai monté un temps une collection de layettes que je vendais sur les marchés. Et puis il y a environ 9 ans, avec l'arrivée de mon premier enfant, je me suis lancée dans la teinture de laine, que j'achète depuis à la filature Fonty, basée en Creuse vers Felletin", énumère Isabelle. Un petit peu avant le Covid, elle a proposé des patrons de lingerie à faire soi-même. C'est après l'arrivée de son deuxième enfant il y a deux ans et demi qu'elle a décidé de concrétiser une envie qui la taraudait depuis plusieurs années : elle a participé à une rencontre de fileuses dans le Morvan et "en rentrant, je me suis acheté un rouet, pour filer", avoue-t-elle.

Il était alors naturellement hors de question d'en rester là : "Je savais tricoter, crocheter, filer, teindre ; il me fallait apprendre à tisser", poursuit-elle. Banco ! Cette dernière étape a pris vie en février-mars 2022 : "Je me suis formée et j'ai acheté un métier à tisser."

Toutes les clés en main

Aujourd'hui, Isabelle détient tous les savoir-faire pour faire vivre ses passions. En les associant, elle réalise de nombreux objets, qui prennent forme au sein de son atelier.

Valoriser des tissus de seconde main, bref participer à recycler, lui tient aussi beaucoup à cœur.

Pour l'instant, elle fabrique des pochettes (le fond, épais, est composé d'ourlets de pantalons, l'intérieur, de tissu issu de vieux draps, le devant associe tissage et tissus de récupération). Plus tard, des sacs viendront compléter la gamme ; " ils sont dans ma tête ", dit-elle.

Isabelle tisse également des serviettes en coton, destinées à suppléer l'essuie-tout dans les cuisines, des écharpes en laine et, sur un métier à galons, des sangles, des bracelets, des boucles d'oreilles, des marque-pages, des porte-clés...

Ces produits seront exposés du 1er février au 30 avril au Cabinet des curiosités, à Oradour-sur-Glane, où la responsable (une créatrice) accueille pendant 3 mois d'autres créateurs.

Les créations d'Ysabel seront aussi à Malakoff les 11 et 12 mars, à un salon "typé laine". Les accessoires et autres écharpes seront de la partie.

Isabelle Tardieu creuse doucement son trou, invente, s'adapte... Ce métier est un métier passion riche, grâce auquel, elle le dit, elle ne s'ennuie pas.

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