Adapter le plan loup à la Haute-Vienne

Benoît Cathalifaud, pour les JA, et Jérôme Gourcerol, pour la FDSEA, ont en charge le dossier loup.
Benoît Cathalifaud, pour les JA, et Jérôme Gourcerol, pour la FDSEA, ont en charge le dossier loup.
carte Haute-Vienne cercle 2
Jérôme Gourcerol, pour la FDSEA, est impliqué depuis longtemps dans le dossier "loup" tandis que Benoît Cathalifaud en est chargé depuis peu pour les JA.

Ils soupirent. Tous les deux, l'aîné comme le plus jeune. Ils traduisent ainsi cette impression qu'on leur met un truc de plus sur le dos, qui vient encore peser dans leur quotidien d'éleveur. « C'est une grosse goutte de plus dans un vase déjà archi plein », se désole Jérôme Gourcerol tandis que Benoît Cathalifaud s'alarme : « Il faut faire quelque chose avant que ça ne dégénère. » Le représentant de la FDSEA et celui des JA de Haute-Vienne s'inquiètent de l'augmentation des actes de prédation du loup dans le département comme dans le reste du Limousin.

Le premier est installé à Saint-Jean-Ligoure en Gaec sur une exploitation de 200 hectares, 60 vaches, 600 brebis et 4 poulaillers ; le second élève seul 540 brebis sur 80 ha à Saint-Hilaire-Bonneval. Le premier est dans le cercle 2 des mesures de protection contre le loup, le second, travaillant sur une commune voisine, est toujours dans le cercle 3, tout en s'interrogeant : « Jusqu'à quand ? » Même si les autorités n'ont pas validé leurs doutes, les deux éleveurs estiment avoir subi au cours des années précédentes des prédations liées au loup. « Trop souvent, on nous a orientés vers des chiens », se désole Benoît Cathalifaud. « Pendant longtemps, surenchérit Jérôme Gourcerol, l'Administration a tout fait pour minimiser ou nier l'arrivée du loup en Haute-Vienne. »

Un système de bocage

Aujourd'hui, les actes de prédation du loup se multiplient et sont reconnus comme tels. D'où les réunions de la cellule de veille "loup" orchestrées par la préfecture au cours desquelles les responsables professionnels agricoles (Chambre d'agriculture, syndicats...) tiennent le même discours, comme s'en félicite Jérôme Gourcerol, et l'arrêté préfectoral sur les mesures de protection aidées. Pour les deux éleveurs, c'est bien là que le bât blesse : « Les protections envisagées et subventionnées s'appuient sur le Plan loup national qui a été conçu par rapport aux zones pastorales de montagne », répètent-ils en chœur.

Les deux syndicalistes réclament que les mesures de protection s'adaptent aux particularités de l'élevage en Limousin. « Nous essayons de faire reconnaître notre système de bocage, la présence de haies... Même si l'Administration nous écoute, ça reste sur la ligne du Plan loup national », constate Jérôme Gourcerol. « Nous avons déjà des parcelles clôturées, moi je ne me vois pas mettre des chiens dans chacun de mes îlots et j'ai des parcelles dans des bourgs... », précise Benoît Cathalifaud. « Moi, j'ai une bergerie pour 300 brebis, ça veut dire que j'en laisse forcément 300 dehors chaque nuit », explique encore l'éleveur de Saint-Jean-Ligoure. « Nous, ce que nous demandons, c'est que les plans et les mesures de protection se construisent localement en tenant compte des spécificités de nos départements », réclament les deux syndicalistes.

Jérôme Gourcerol appelle tous les éleveurs à faire une demande pour être autorisés à réaliser des tirs de défense que seule la préfecture de Haute-Vienne peut accorder, mais à ce jour uniquement sous certaines conditions d'application de mesures de protection. Ce serait aussi un moyen d'éviter les risques de braconnage. Parce que quand la goutte d'eau fait déborder le vase...

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