Les prés de fond, des alliés

Les participants à la matinée organisée chez Marion Couédou devant l'étang effacé.
La visite de l'exploitation de Marion Couédou, à Lardimalie, à Vicq-sur-Breuilh, a été organisée en lien avec le programme Pasteaural. Le but : illustrer l'importance de l'eau en élevage.

Déjà la veille, une délégation s'était rendue sur l'exploitation de Sébastien Péjou, au Moulin de Rouffignac à Magnac-Bourg, pour parler pré humide et "levades". Le lendemain, le beau temps était de la partie pour rencontrer Marion Couédou, installée à Lardimalie, aux confins de la commune de Vicq-sur-Breuilh, tout près de Glanges et de Magnac-Bourg. Le but était encore d'appréhender le rôle des prés de fond, mais aussi des ruisseaux, au sein d'une exploitation agricole aujourd'hui, mais aussi hier à l'aide des vestiges repérés de-ci-de-là, en se promenant dans les prés...

La limousine dès le départ

Marion Couédou est originaire du sud de la France. Après avoir travaillé à la Chambre d'agriculture de Haute-Vienne pendant une vingtaine d'années, essentiellement en production ovine, elle a décidé de passer le pas et de s'installer. "J'habite à Vicq-sur-breuilh et j'ai eu la possibilité d'acheter une exploitation d'une vingtaine d'hectares à proximité de chez moi à des exploitants qui souhaitaient prendre leur retraite. Ils élevaient déjà des moutons. J'ai signé fin 2018, dans la foulée, 200 brebis de race limousine en gestation arrivaient", expose Marion Couédou. La race limousine est idéale pour débuter. "Ce sont vraiment des brebis formidables ; pour moi elles sont des princesses guerrières", note-t-elle avec enthousiasme. Elle les a choisies en connaissance de cause car Marion souhaite développer un système pâturant et économe dans ses charges.

Compter sur les ruisseaux et les zones humides

L'exploitation dont elle dispose a nécessité d'entrée un important travail de remise en état. "Pour y voir clair, j'ai travaillé avec un entrepreneur qui fait de l'élagage et qui a des contrats avec des centrales de biomasse. Il coupe et il enlève. Tant mieux car avec ma petite tronçonneuse, je ne m'en serais jamais sortie", note Marion. "Plus tard, je replanterai sûrement des arbres aussi bien pour le sol que pour couper le vent et servir d'abris aux animaux", ajoute-t-elle.

Outre ce point, un autre de taille s'est très vite présenté à elle. "Ici, il y a beaucoup d'eau. Il y a des ruisseaux et puis jusqu'à récemment un étang", précise Marion. Sauf que ce dernier n'était pas aux normes. Elle s'est renseignée et a pris contact avec le Syndicat d'aménagement du bassin de Vienne (SABV). Clémence Moreau, technicienne au SABV, lui a proposé deux solutions : une mise aux normes, très onéreuse, ou un effacement. "J'ai entendu les arguments en faveur d'un effacement. Au départ j'étais un peu triste mais je n'étais pas plus attachée que ça à cet étang. Et puis au fond, c'est sympa un ruisseau qui coule !", remarque Marion.

Dans la foulée, elle apprend que le Conservatoire des espaces naturels (CEN Nouvelle-Aquitaine) travaille sur les zones humides. "Du coup, j'ai adhéré au réseau Zones humides porté par le CEN et animé par Virginie Blot. En prime, aujourd'hui, il est possible de disposer de foncier via ce dispositif au travers de contrats spécifiques. C'est ce que j'ai fait." En clair, aujourd'hui Marion dispose d'une SAU soit faible mais qui permet d'assurer le pâturage de ses 200 brebis et leurs agneaux, d'autant qu'elle les conduit en pâturage tournant. Pour elle, l'eau n'est pas un problème. Mais plutôt un vrai luxe à une époque où les sécheresses sont légions.

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