Regarder au-delà du costume

Gaëlle Taravella-Bidaud, costumière à Ambazac aux côtés de sa dernière création en cours de fabrication.
Gaëlle Taravella-Bidaud, costumière à Ambazac aux côtés de sa dernière création en cours de fabrication.
Il s’agit de la reconstitution de la robe de Scarlett O'Hara. Il y a 25 m de velours, la robe a nécessité 500 h de travail à Gaëlle Taravella-Bidaud, costumière à Ambazac. Quant au chapeau il représente une 50aine d’heures de travail.
Gaëlle Taravella-Bidaud, costumière autodidacte, a ouvert son atelier à Ambazac en 2017. Inspirée par l'univers féerique et historique, elle souhaite démocratiser sa passion, le cosplay.

Qui n'a pas déjà vu au journal télévisé, le jour de la sortie du dernier Star Wars, des fans déguisés en personnages du film ou autres festivals de manga rassemblant ses initiés costumés ? C'est ce qu'on appelle la pop culture et plus précisément l'univers du cosplay. Rire, incompréhension, admiration, les réactions sont partagées face à ce milieu qui se démocratise de plus en plus et même en Haute-Vienne. Quoi de plus qu'un simple loisir, une passion qui permet de s'évader, d'imaginer, de rêver l'espace d'un week-end ? Gaëlle Taravella-Bidaud a décidé d'en faire son métier. « J'ai grandi dans l'univers de la pop culture, de Star Wars, des mangas, du monde fantastique », raconte-t-elle. Cette autodidacte, en recherche constante de nouveaux défis, a monté sa boîte en 2017, à Ambazac : L'atelier d'Ethistia. La jeune femme est ainsi costumière. Également passionnée d'histoire, Gaëlle associe le domaine historique et féerique dans ses créations. « Je souhaitais montrer que démocratiser la pop culture ici était possible », déclare la passionnée. La preuve en est que le public est bien présent en Haute-Vienne puisque la costumière prépare le prochain Japan Geek Festival qui se déroulera les 5 et 6 février au parc des expositions à Limoges. Gaëlle y participera en tant que présidente du jury du concours de costumes.

« Je ne m'arrête jamais »

Le cœur du métier de Gaëlle va bien au-delà. « Je travaille beaucoup avec les comités de beauté (Miss Limoges, Miss Prestige Poitou-Charentes...) et je fais aussi beaucoup de robes de mariées », explique-t-elle. Sa particularité est qu'elle propose du sur-mesure, c'est même une collaboration avec la future mariée car « je rencontre dans un premier temps la personne pour cibler son projet ». Puis sur près d'un an, la cliente est consultée à chaque étape de la conception de la robe : « On choisit ensemble les tissus puis je commande des échantillons. Une fois que tout est validé je fabrique une "toile" avec des tissus de moindre qualité » pour que la cliente visualise le rendu de la robe et ainsi l'adapter. Gaëlle façonne ensuite la robe avec les tissus définitifs. Un travail de titan. Mais aussi de belles aventures humaines puisque certaines clientes « sont devenues des amies », se réjouit-elle. La costumière les retrouve parfois dans les cours de couture qu'elle donne au sein de son atelier à Ambazac. Souvent les gens ont peur que les créations de Gaëlle soient hors de prix, remarque l'artisane. Mais ce que l'univers du cosplay lui a apporté est de redoubler d'imagination pour créer « à moindre coût ». Par exemple « le bouclier d'Athéna que j'ai réalisé est une parabole ». Les serpents autour de la tête « sont des objets en plastique recyclés ». La professionnelle peut aussi réaliser de "petites créations" comme des décorations de chaussures, des couronnes de mariage, des chapeaux...

Bourrue de travail, « je ne m'arrête jamais », la jeune femme s'est lancé un nouveau défi. « Je n'ai jamais travaillé la fourrure, donc je me lance dans la conception, en fourrure synthétique, d'un costume du personnage de Catra du dessin animé Che-ra », annonce Gaëlle avec excitation. En plus de gagner en compétences, ces projets personnels sont aussi l'occasion de les présenter lors des prochaines conventions*. Un moyen de montrer son savoir-faire, un outil de communication comme un autre en somme.

Une passion épanouissante

« Même si j'ai les pieds sur terre, j'aime rêver. Et puis on a une communauté très gentille, on ne se prend pas la tête. Les événements nous permettent de partager notre passion, de voir différentes techniques, de créer des projets de groupe... Et on trouve tous les corps de métier : des banquiers, des instituteurs, des chercheurs... », plaide la costumière. Des valeurs saines et positives que Gaëlle souhaite véhiculer et démocratiser. Ainsi elle a créé une association pour parler de son univers à travers des conférences, des interventions dans les lycées (notamment Magnac-Laval, Excideuil...) « pour vulgariser la pop culture, aider les parents à mieux comprendre leurs enfants ». Elle lutte pour le mouvement "cospositive" qui prône la bienveillance et l'inclusion.

Dans la même thématique

Claire Dehé, pâtissière depuis toujours, a lancé son activité en 2013. Elle produit artisanalement des mini-madeleines sucrées et salées. Ce sont les fameuses "madeleines de Choupi".
Ce n'est pas la taille qui compte
Serge Lapouge est photographe et jardinier. Son autre passion est l'écriture et avec Le rat d'école il signe son premier polar.
Ah ! la nature humaine...

Les dossiers