Le remplacement, solution du quotidien

Jean-Charles Caillaud a pu bénéficier d'un remplacement pour effectuer sa formation.
La promotion du métier d'agriculteur ou la formation professionnelle sont indispensables au développement agricole. À condition de pouvoir être remplacé sur sa ferme.

Jean-Charles Caillaud est un jeune agriculteur, de moins de 35 ans. Son associé au sein de l'EARL de Lauzelle est aussi un jeune. Et alors ? Tous les deux sont de jeunes pères, le premier de deux enfants, le second d'un. Et tous les deux ont donc déjà eu l'occasion d'expérimenter le Service de Remplacement de Haute-Vienne dans le cadre de leurs congés paternité respectifs. Avec intérêt et confiance. « Nous avons vraiment confiance dans les salariés qui vont venir sur notre exploitation et on sait que ça fonctionne bien », révèle Jean-Charles Caillaud. Aussi, il n'a pas hésité longtemps quand l'occasion s'est présentée d'être formé à l'insémination artificielle.

L'EARL de Lauzelle est située à Saint-Paul et compte trois associés dont un non-exploitant. La surface agricole utile se compose de 220 hectares dont 4 ha de céréales à paille et 22 ha en maïs ensilage, le reste en prairies. « Nous privilégions l'autonomie alimentaire », précise Jean-Charles Caillaud. La production se divise en deux : ovins et bovins. Le cheptel ovin est constitué de 850 brebis et une vingtaine de béliers avec une production d'agneaux toute l'année commercialisée via la coopérative Limovin. Le troupeau bovin est composé de 95 mères limousines inscrites. Si l'exploitation vend quelques reproducteurs, l'essentiel de la production est engraissé et commercialisée par la Celmar.

Jean-Charles Caillaud a plus particulièrement en charge la production bovine. « Nous avons aujourd'hui deux périodes de vêlage, une au printemps et à l'automne et je voudrais caler l'ensemble de mes vêlages entre le 1er septembre et le 30 octobre », souligne l'éleveur. Actuellement, la reproduction est assurée en monte naturelle et en IA. Mais, « pour rester au top de la génétique et avec une seule période de vêlage, il nous faudrait beaucoup trop de taureaux », réfléchit Jean-Charles Caillaud. D'où sa volonté de se tourner vers l'insémination.

Quand la Celmar a proposé une formation d'initiation et de maîtrise de l'insémination bovine, Jean-Charles Caillaud, qui s'interrogeait déjà sur le fait d'inséminer lui-même au sein de l'exploitation, a sauté sur l'occasion. « C'était une formation de trois jours qui a eu lieu en janvier, sur le site de la Celmar, à La Souterraine », se souvient l'éleveur haut-viennois. Mais trois jours d'absence sur une exploitation ? Pas forcément simple. « J'ai contacté le Service de Remplacement auquel j'avais déjà eu à faire. » L'éleveur peut ainsi bénéficier d'un remplacement aidé financièrement dans le cadre du développement agricole grâce aux fonds du Casdar (voir ci-dessous). « Ça permet d'avoir un tarif abordable et comme j'ai toute confiance dans les salariés du Service de Remplacement, j'en ai profité. »

Jean-Charles Caillaud incite en particulier les agriculteurs seuls sur leurs exploitations à profiter de cet outil. « C'est important de se former. C'est un bon moyen de ne pas passer à côté de nouvelles techniques ou d'acquérir de nouvelles compétences », se félicite-t-il. Et de conclure : « Ça a aussi un intérêt économique. Dans notre cas, inséminer moi-même c'est une économie de l'ordre de 4 à 4 500 euros par an ».

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