Agriculture

La Ceinture verte se fait coopérative

Haute-Vienne
Bernard Thalamy et Élodie Blanchard, respectivement président et directrice de la Scic Ceinture verte Terroir de Limoges.
La Société coopérative d'intérêt collectif Ceinture verte Terroir de Limoges vient de se constituer. Son capital reste ouvert et un premier maraîcher devrait être installé en 2022.

C'est peut-être une révolution : installer des agriculteurs sans les lier à la terre. Idée saugrenue ? Étonnante et originale, certainement. Le constat est dressé un peu partout : les collectivités et les habitants de zones urbaines sont en demande de produits locaux, disponibles en circuits courts. Pour répondre à ces demandes, il faut des agriculteurs. Sauf qu'au fil du temps et par la force des choses, ils se sont éloignés des villes. Des élus ambitionnent de relocaliser ces productions, en particulier en maraîchage.

« Nous souhaitons relocaliser 10 % de la consommation, ça signifie 200 hectares en maraîchage, soit 20 ha/an », annonce Bernard Thalamy, président de la Société coopérative d'intérêt collectif (Scic) Ceinture verte Terroir de Limoges qui vient tout juste de se constituer. L'objet de la Scic est en effet de permettre l'installation de maraîchers aux alentours de Limoges en proposant une ferme clé en main et l'accompagnement nécessaire à l'installation.

Un outil de production

« Notre base, révèle la directrice de la Scic, Élodie Blanchard, est de proposer aux candidats 2 hectares d'un seul tenant avec, sur cette parcelle, 1 500 m2 de serre, un bâtiment de 100 m2 comprenant une chambre froide, une chambre tempérée, un espace de lavage, un tunnel de stockage de 120 m2, et un système d'irrigation. » Autrement dit, une exploitation clé en main et prête à entrer en production. Le porteur de projet bénéficie également d'un accompagnement important tout au long de son activité.

En contrepartie, le maraîcher devient adhérent de la coopérative en souscrivant une part sociale d'un montant de 500 euros et verse ensuite une cotisation mensuelle de l'ordre de 150 euros les deux premières années. « En fait, en fonction du chiffre d'affaires réalisé, il y a une part fixe et une part variable », précise Élodie Blanchard. C'est la Scic qui met à disposition les terres et celles-ci peuvent être achetées par la coopérative, louées à des particuliers ou des collectivités...

« C'est l'un des grands avantages de cette Scic, c'est sa grande souplesse », se félicite Bernard Thalamy. Cette souplesse est valable aussi pour le maraîcher qui peut arrêter quand il veut, lié seulement par la ou les parts sociales souscrites auprès de la coopérative. Plutôt que de se construire un patrimoine immobilier (la terre), il peut se construire un capital en souscrivant plus de parts sociales.

Un capital ouvert

Au moment de l'assemblée générale constitutive, le capital de la Scic s'élevait à un peu plus de 200 000 euros, il est aujourd'hui de quelque 325 000 euros. Six collèges composent ce capital. Le premier est celui des fondateurs et comprend la SAS Ceinture verte (à l'origine de ce concept et qui le décline en coopératives de territoire comme à Pau et à Valence), la Chambre d'agriculture de Haute-Vienne et Limoges Métropole qui a investi 150 000 euros. Le deuxième collège est celui des Acteurs de la filière, à savoir Agrobio87, l'Adear, Mangez bio restauration, le lycée agricole des Vaseix ainsi qu'un restaurateur limougeaud qui possède trois établissements. Le troisième est celui des collectivités où se compte aujourd'hui uniquement la commune d'Aureil - « mais c'était juste pour démarrer », révèle le maire qui n'est autre que Bernard Thalamy. Le quatrième collège est celui des salariés de la Scic (quand il y en aura), le cinquième est constitué des porteurs de projet (les maraîchers).

Le sixième est celui des investisseurs solidaires constitué par les banques, Crédit Agricole, Crédit Mutuel et CIC et des habitants, soit aujourd'hui une quinzaine. Ces parts sont défiscalisables à hauteur de 25 % et, si tout se passe bien, devraient rapporter de l'ordre de 2 % par an, même si elles sont bloquées durant cinq ans.

« La Scic met à disposition un outil de production, souligne Élodie Blanchard ; pour les débouchés commerciaux, c'est au producteur de les trouver. » « Pour l'instant, compte tenu des demandes, trouver des débouchés ne sera pas un problème », surenchérit Bernard Thalamy. Mais les deux responsables précisent bien qu'un état des lieux sera fait pour déterminer d'autres voies de commercialisation au besoin.

Dans la même thématique

Votre journal Union&Territoires est présent au National limousin les 17, 18 et 19 septembre ! Venez nous rencontrer au Village des partenaires !!
Haute-Vienne
National limousin, on y sera !
Entre crise de la Covid-19 et retour de la grippe aviaire, cette exploitation de canards gras tire son épingle du jeu grâce à une petite production commercialisée en circuits courts.
Haute-Vienne
La Ferme de Lauzanne se prépare

Les dossiers